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par François Corda
Pour bien comprendre la carrière de Hayden Desser, plus connu sous le nom de Hayden, il peut être intéressant de revenir sur une petite anecdote survenue lors de l’un de ses derniers concerts parisiens (2004, quelque chose comme ça). Devant un public se résumant à une poignée de personnes, le canadien laisse une possibilité de jukebox aux spectateurs. Quelques téméraires osent donc réclamer une chanson ou deux, et l’évocation d’un titre, « In September », fait soudain rire le jeune trentenaire qu’Hayden était à l’époque. Le tout s’accompagnant d’un refus net d’interpréter la chanson. Il faut dire que ce morceau, datant de son premier album Everything I Long For (1995), symbolise à lui tout seul un mal-être dont l’auteur-compositeur semble vouloir se détacher depuis. Une décharge électrique au sein d’un disque qui semble avoir été, en son temps, l’équivalent d’une puissante catharsis. Une plaie à vif qu’Hayden cherche à masquer depuis presque vingt ans derrière un folk désormais accueillant, mais au sein duquel semble toujours errer une âme en détresse.












