L’actu

Parce qu’on est soucieux de vous savoir à flot avec nous en 2013, voici un rapide tour d’horizon de cette actualité galopante qu’on ne peut pas chroniquer dans son intégralité.

MAI

Lapalux / Nostalchic
FC 08/20
On se demande comment Lapalux a obtenu la faveur des médias avec cet album d’électronique soft qui jamais ne remet en question son genre, jamais ne surprend. Quelques mélodies agréables surnagent mais c’est à peu près tout.
Hiss Golden Messenger / Haw
FC 15/20
Bel album de folk-rock qui nous tient en haleine par son souci constant de construire, comme un artisan, de chaudes mélodies.
Mud
FC 18/20 JD 15/20
François Corda : Nouveau coup de maître de Nichols qui confirme ici son incroyable aisance à raconter des histoires atypiques et à créer ses propres mythes. Sa connaissance aigue de sa région (l’Arkansas) lui permet d’offrir en plus un regard sur la nature singulier et revitalisant. Le jeune âge de ce réalisateur (35 ans à peine) laisse rêveur quant à sa future carrière !
Savages / Silence Yourself
MS 17/20 MU & FC 15/20
Martin Souarn : Le premier LP des quatre londoniennes place la barre très haut et survole la masse acutelle du revival post-punk. Silence Yourself ne brille pas particulièrement par son inventivité, mais plutôt par son énergie, la force de ses compositions et surtout une identité vocale très marquée empruntant avec talent le meilleur de Siouxsie et ses Banshees. Les Savages présentent un album aussi puissant qu’il est uni.
House Of Cards (Saison 1)
MS 10/20
Si les noms sont prometteurs (David Fincher, Kevin Spacey), le résultat est loin d’être convaincant. Les 13 épisodes sont certes bien filmés, les tons glacés étant à l’honneur de cette fresque cynique, mais House of Cards peine à entrainer avec lui le spectateur. La faute entre autre à un parti-pris narratif extrême -les apartés de Frank à notre attention- qui empêche tout challenge ; ce que l’on pourrait saisir ou deviner par nous même nous est expliqué sans cesse. De même, la première moitié de la saison tourne à vide car rien ne semble toucher l’inébranlable Underwood (belle performance tout de même de Spacey) ; comment ainsi prendre l’adversité, et à plus forte raison la série elle-même, au sérieux ? Frustrant.
The Haxan Cloak / Excavation
FC & MS 17/20 MU 10/20
Martin Souarn : Le dark-ambient de The Haxan Cloak sait ménager l’espace à merveille, donnant à chaque son osant émerger des drones abyssaux une force propre. Si l’entrée en matière est cauchemardesque, le reste de l’album se fera plus sobre. En apparence seulement ; les ténèbres grondent, asphyxiantes, et on ne cesse jamais vraiment tout au long du disque de craindre pour sa santé mentale…
François Corda : Bienvenue dans les marécages sonores de The Haxan Cloak, qui sondent les tréfonds de l’âme en triturant des basses et percussions électroniques. Quand la mélodie surgit, de façon soudaine et inattendue, Excavation devient même bouleversant. Un disque passionnant.
La Belle Endormie
FC 09/20 JD 14/20
François Corda : Les quatre portraits qui gravitent autour de l’invisible et comateuse Eluana sont beaucoup trop inégaux. On peut certes saluer la grâce qui anime les rencontres entre Maria et Roberto, le médecin et sa patiente junky ; une grâce qui nous rappelle (de trop loin), celle qui parcourait l’ensemble de Vincere. Mais on ne peut que déplorer l’incapacité des réalisateurs italiens (Moretti avec le pénible Le Caïman, maintenant Bellochio avec La Belle Endormie) à traiter le berlusconisme. Quant à Isabelle Huppert, plus vitreuse que jamais, elle nous conforte dans l’idée qu’elle n’a plus rien d’autre à montrer qu’un visage désespérément fermé et pleurnichard.
Jacques Danvin : Bien qu’inégal — on croit en certaines rencontres amoureuses, en d’autres beaucoup moins –, La Belle Endormie a le mérite d’étonner par sa construction narrative et par sa consistance thématique. En traitant de l’euthanasie à différentes échelles politiques, religieuses et individuelles, ce film de Bellochio ne se perd pas dans le simplisme. On peut regretter toutefois un côté didactique un peu trop visible, voire un souci d’exhaustivité qui rend le film un peu trop long.
Colin Stetson / To See More Light
MS 18/20
La conclusion de la trilogie de Colin Stetson est belle et bien baignée dans une lumière venue d’un autre monde sonore. En cela le saxophoniste mutant est aidé des harmonies célestes de Bon Iver (succédant à la grâce glaciale de Laurie Anderson) et le mix sonique de Ben Frost. Les contrées explorées par Stetson sont toujours aussi puissamment dépaysante, et l’on passe harmonieusement des abysses aux cimes. Enfin, chose rare, l’expérimentation est ici toute entière mise au service de la composition.
Ghostface Killah & Adrian Younge / 12 Reasons To Die
FC & MU 16/20
François Corda : Ca aurait été la bande son parfaite de Django Unchained : le flow impeccable de RZA qui se pose sur des mélodies westernisantes, façon Gainsbourg seventies. On est au Paradis… Ou en Enfer ! C’est selon la raison pour laquelle on meurt.
Phosphorescent / Muchacho
FC 16/20
Drôle de disque, entre folk traditionnel et électro soft et/ou groovy. Les morceaux s’étirent avec nonchalance et la voix de Matthew Houck, dont on ne sait jamais si elle est triste ou gaie, emporte le morceau. Joli coup.
Young Galaxy / Ultramarine
FC 15/20
Le chef d’oeuvre pour Young Galaxy ce n’est pas encore pour aujourd’hui ! Quel dommage, on sent un potentiel derrière ce groupe qui tarde à exploser, la faute à de régulières petites baisses de régimes au sein de leurs disques. Mais il ne faut pas se méprendre, jusqu’à présent, tous les albums de Young Galaxy sont fort recommandables pour les amateurs d’électro-pop suave et exigeante.
Oblivion
FC 09/20
Un vide scénaristique abyssal (les rares twists potentiellement intéressants sont extrêmement prévisibles) qui fait écho au vide intersidéral du jeu des acteurs… Tout cela pourrait être perçu comme le reflet de cette planète dévastée de toute présence humaine. À ce titre il n’est pas interdit de trouver dans Oblivion une certaine beauté, mais bon sang que tout cela est sans relief !
Kurt Vile / Wakin On A Pretty Daze
MS & FC 13/20 MU 15/20
Martin Souarn : Kurt Vile aurait pu réaliser un très bel album, n’eut été cette vilaine tendance à étirer à l’excès ses morceaux qui lui fera perdre à terme l’attention de l’auditeur. Dommage car chez les indie-rockers flagadas à la voix molle Vile est parmi les meilleurs, avec son sens naturel de la mélodie et sa production chatoyante.
Deerhunter / Monomania
MS 10/20
Une productivité effrénée n’a pas toujours du bon. Bradford Cox ne semble plus faire de différences entre ses deux projets, Deerhunter et Atlas Sound ; le second ayant fortement « popisé » le premier. Sur Monomania, peu de matière malgré quarante trois minutes au compteur ; les mélodies tournent en rond et les bluettes pop sans saveur côtoient les stridences peu inspirées. Restent quatre ou cinq bons morceaux, en milieu de disque à enlever au cahier des charges : Cox s’en serait bien mieux tiré avec un EP !
James Blake / Overgrown
FC & MS 14/20 JD 15/20
François Corda : On pourrait s’irriter rapidement à l’écoute de James Blake, car la préciosité, notamment dans le chant (qui n’est pas sans rappeler Antony de Antony & The Johnsons) n’est jamais loin. Mais reconnaissons à Blake que ses compositions se sont affûtées depuis son premier album : son dubstep murmurant est même parfois charmant.
Iron Man 3
JBD 03/20 JD 13/20
Jean-Baptiste Durand : La Saga Iron Man est un parfait exemple de la difficulté de poser un super héros (et sa mythologie) dans la durée. Les aventures de l’homme d’acier voient en effet leur qualité baisser d’épisode en épisode : si le premier était une réussite formelle exemplaire (encore aujourd’hui il peut être considéré comme l’étalon de ce que l’on est en droit d’attendre de la « recette Marvel » du comics/blockbuster) le second s’avérait tres décevant et ce troisième opus est, osons le dire, un ratage complet. En effet, les tares d’Iron Man 2 (scénario bancal, méchants peu charismatiques, scènes d’actions ternes et humour a contre-temps) sont affirmées encore d’avantage dans ce troisième opus. De facto, force est de reconnaitre que la seule suite décente au premier Iron Man n’est autre que le formidable Avengers diffusé l’année dernière. En sortant d’Iron Man 3 on ne peut donc s’empêcher de rêver à de ce que pourrait donner les studios Marvel si ils laissaient quelqu’un d’aussi talentueux que Joss Whedon aux commandes de la totalité leurs production. En attendant c’est un immense gâchis auquel nous assistons, le massacre d’une licence pourtant riche d’un incroyable potentiel visuel et scénaristique.

AVRIL

Les Misérables
MS 05/20
L’excuse éculée du « s’adresse au fan du genre » ne fonctionne même pas pour excuser l’atterrement ressenti au visionnage des Misérables. Le (très) long métrage est une suite ininterrompue de près de trois heures de chansons qui s’étendent du fade au grotesque en passant par l’inutile ; est-il vraiment nécessaire d’incorporer des lignes de chants vides pour chaque élément insignifiant de dialogue ? La palme du grinçant revient au vibrato de Hugh Jackman, plus propre à nous écorcher les tympans que le feraient ses griffes de Wolverine. On concèdera néanmoins le soin apporté à la photographie colorée de cette reconstitution du vieux Paris.
L’Écume des jours
MS 16/20
Deuxième franche réussite cinématographique de Gondry, avec Eternal Sunshine of the Spotless Mind, L’Écume des Jours prouve une fois pour toutes que le réalisateur n’est jamais aussi bon que lorsqu’il a un scénario déjà prêt pour faire briller le côté bricoleur de génie qui fait de lui un des plus inventifs réalisateurs de clips de l’histoire. Personnel, le film se fait également très fidèle à l’œuvre de Boris Vian, depuis le plombage progressif du ton jusqu’à la désincarnation (volontaire ?) des personnages et donc du jeu d’acteur.
Kvelertak / Meir
FC 12/20
Le heavy metal (teinté de black par moments) de cet album de Kvelertak a beau être mélodiquement intéressant, incarné par un esprit positif (ça change du « noir c’est noir » inhérent au style), il n’en reste pas moins épuisant si on l’écoute d’une traite. Pas une respiration sur Meir, pas une seule occasion de souffler ! C’est dommage, le potentiel de ce groupe norvégien est évident.
Promised Land
JD & MS 16/20
Jacques Danvin : Avec Promised Land, Gus Van Sant mène rondement son affaire. Plutôt que de porter un regard critique sur la question de l’extraction du gaz de schiste, son film a l’intelligence de remettre au goût du jour les problématiques de gouvernance démocratique et locale. Imbattable dans sa manière de camper une Amérique rurale typique sans faire du cliché un clin d’oeil facile à l’attention des citadins, la mise en scène de GVS et le scénario de Matt Damon et John Krasinski ont le grand mérite d’offrir ainsi une histoire à enjeux graves, mais truffée d’échanges vraiment drôles.
Martin Souarn : Décidément, après le chant du cygne de Soderbergh (Effets Secondaires), les films en faux-semblants semblent être à l’honneur en cette saison ! Van Sant transforme rapidement une intrigue gonflée à l’écologie en une peinture touchante et parfois comique de l’amérique profonde et de sa population. Un patriotisme doux qui étonne et fait du bien.
Kinski / Cosy Moments
FC 14/20
On avait perdu de vue Kinski depuis ses premiers albums entre stoner et post-rock, la faute à une redondance de leur formule depuis quelques années, l’inspiration en moins. Ils reviennent aujourd’hui avec un Cosy Moments efficace et ambitieux. Certes, le son, lourd et chargé en basse, n’a pas changé d’un iota. Mais l’alternance savante entre moments psychédéliques et bardées punk sauvages fonctionne vraiment bien. On ne boude pas son plaisir !
Les Gamins
JBD 04/20
Ce film d’Anthony Marciano appartient a la catégorie bien particulière des comédies à ce point ratées qu’elles en deviennent déprimantes voire vaguement anxiogènes (on pense beaucoup à la mort pendant tout le film : celle des producteurs notamment). Pour une bonne réplique, une dizaine de gags tous plus loupés les uns que les autres et, malheureusement, aucun plan de Mélanie Bernier en bikini (ce qui aurait pu donner au moins un intérêt au film). Au final, la manière la plus simple de donner une véritable utilité à ce ratage complet est sans doute de le conseiller sans réserve aux personnes à qui on pourrait vouloir du mal. Affligeant.
Mariage À L’Anglaise
JBD 13/20
Une sympathique rom’com qui, sans révolutionner le genre, offre une postulat de base relativement original et quelques moments savoureux. Ce I Give it A Year (titre original dont il faudra qu’on m’explique comment il est devenu un fade Mariage à l’Anglaise sans aucun rapport avec l’intrigue) prouve encore une fois que les Britanniques gardent une longueur d’avance lorsqu’il s’agit de faire rire avec les déboires amoureux de leurs contemporains.
Versari / Ostinato
FC 13/20
Versari opère dans une brèche dans laquelle le rock français s’est rarement engouffré : le noise rock à la Shellac. Musicalement le groupe fait tourner des compositions engagées et engageantes, et la voix de baryton du chanteur (Jean-Claude Versari), tourmentée, intrigue. C’est sur les paroles qu’on peut se montrer plus modéré : quelques portes ouvertes viennent un peu gâcher le plaisir sauvage que peut procurer parfois Ostinato.
Haiku Salut / Tricolore
FC 10/20
Entre électro discrète et petites mélopées acoustiques (piano, guitare sèche, accordéon), Haiku Salut a attendu la dernière plage de Tricolore pour démontrer son réel potentiel, quel dommage ! Le reste de l’album est une (trop) longue mise en bouche, soit agréable, mais qui ne décolle jamais. Et quand la puissance dancefloor de « No, You Say It » survient, il est beaucoup trop tard.
The Knife / Shaking The Habitual
MS 19/20 MU 15/20
Martin Souarn : Très attendu par la plupart des fans d’électro, le quatrième album de The Knife saccage toutes les convenances sur son passage et se pose certainement comme l’album le plus ambitieux de ce semestre. La volonté du duo est aussi claire que le titre du disque est explicite : il s’agit ici de bouleverser nos attentes. En lieu et place d’un Silent Shout bis, les suédois jouent avec nos nerfs en nous balançant de l’électro à l’ambient et vice-versa. Exigeant, le disque n’en est pas moins maitrisé et récompense amplement les écoutes répétées. Un coup de maître qui fait beaucoup de bien.
Tegan & Sara / Heartthrob MS 04/20
cf. critique
Arman Méliès /IV JD & MU 18/20 FC 11/20
Marc Urumi : cf. critique
Jacques Danvin : Plus électro que le précédent, IV d’Arman Méliès s’inscrit dans la continuité de ce que laissait entendre « Diva », dernier titre du précédent album Casino. Il propose un timbre curieusement un peu plus creux que sur Casinomais sans que cela nuise au « son de l’album ». On retrouve cette étonnante sensation d’un intime chaos masqué par la grande maîtrise qu’induisent les boîtes à rythme et le phrasé très découpé, très en place et sans recherche d’effet particulier. Les quelques titres plus entraînants donnent une touche plus pop à ce nouvel album qui s’avère une des œuvres importantes de ce premier semestre.
François Corda : IV confirme cette impression que laissaient déjà les deux premiers albums d’Arman Méliès. À savoir que musicalement c’est très propre, bien orchestré, bien produit, mais que ça glisse sans jamais accrocher l’oreille. Sur cet album en particulier, cela sonne même souvent comme un ersatz de Depeche Mode. Côté chant et paroles, il y a également beaucoup de frustration. Les textes, malgré leur singularité, semblent vraiment trop abscons, et il est très difficile de suivre une chanson sans perdre le fil. La nonchalance du chant peut aussi être agaçante à la longue.
Team Ghost / Rituals
FC 17/20 JD 16/20
François Corda : cf. critique
Hookworms / Pearl Mystic
FC 11/20
Il y a du Six By Seven (le premier album notamment) dans le rock expérimental et bruyant de Hookworms. La tension et l’énergie en moins ! On aime toutefois la liberté qu’a prise le combo pour délivrer des compositions groovy, qui prennent leur temps.
Yeah Yeah Yeahs / Mosquito
MS 15/20 FC 14/20 MU 09/20
Martin Souarn : Sur Mosquito, les Yeah Yeah Yeahs ne sont jamais aussi bon que lorsqu’ils laissent éclater des morceaux aux refrains explosifs (« Mosquito », « Sacrilege ») et aux riffs entêtants (« Area 52″). En un mot, quand ils cognent. La voix puissante de Karen-O est efficacement appuyée par de grosses guitares et une armada variée de synthés. Quelques chansons ne prennent cependant pas dans cette sauce pétillante, autant pour la cohésion d’un album aux nombreuses qualités.
Camille Claudel 1915
JD 17/20
Un très bon Dumont, indéniablement. Tout en mélange de registres d’acteurs qui diffèrent dans leur perception de la présence de la caméra et leur manière d’en jouer. Il y a dans ce film une question forte posée quant au rôle à jouer que les autres attendent de nous. Pour se tenir du côté de la foi et non de la folie. Rencontre réussie entre une star de cinéma et un cinéaste anti-star.
Effets Secondaires
MS 17/20 FC 15/20 JBD 14/20
Martin Souarn : Avec un film parfaitement maitrisé, Soderbergh parvient pendant 1h45 à surprendre le spectateur de bout en bout sans jamais céder à l’invraisemblance. La réalisation sobre et clinique constitue un écrin idéal canalisant l’extravagance du scénario, permettant à une belle brochette d’acteurs de se faire les passionnants sujets d’une étude froide et noire sur la nature humaine. Ronney Mara, particulièrement, se fait aussi glaciale que sensuelle.
Jean-Baptiste Durand : Quel gâchis que cette volonté de Soderbergh d’arrêter le cinéma ! Effets Secondaires est un film solide sur tous les plans qui nous rappelle que le réalisateur caméléon de Sexe, Mensonges et Vidéo est décidément quelqu’un sur qui on peut compter. Difficile de parler du film en lui-même tant son schéma scénaristique gagne à rester dans l’ombre. Dans ces conditions on se contentera juste de souligner la qualité de la direction d’acteurs, de l’écriture et de la mise en scène. Quelques temps creux dans le récit empêchent le film de prétendre au statut d’incontournable de l’année mais, ne boudons pas notre plaisir, le résultat final reste enthousiasmant. Au cinéma comme ailleurs, ce sont décidément les meilleurs qui s’en vont.
Bonobo / The North Borders
FC 12/20
Malgré quelques plages de grande qualité (notamment « Cirrus ») on a du mal à se passionner durablement pour l’électro sensuelle et (trop ?) tranquille de Bonobo, sorte de réincarnation tardive de Télépopmusic. Bien fait, mais sans âme forte.
Deniro Farrar / The Patriarch
FC 19/20
cf. critique
Jack Le Chasseur de Géants
JBD 10/20
Un honnête divertissement pour enfants, qui se contente malheureusement d’un cahier des charges au strict minimum. Pas de double niveau de lecture adressé aux adultes, pas de rupture radicale avec tel ou tel « attendu » d’un conte de fée : on est dans du classique, dans du balisé sans fausses notes. Les effets spéciaux fonctionnent bien, le casting moins (on regrettera notamment l’anti-charisme du héros et la coupe de cheveux d’Ewan MacGregor). Un travail carré, mais sans ce supplément d’âme qui fait la réussite d’un Beowulf, d’un Dragons ou autre Toy Story.
Justin Timberlake / The 20/20 Experience
MS 17/20 MU 16/20
Martin Souarn : cf. critique
Inter Arma / Sky Burial
FC 16/20 MU 15/20
François Corda : Sky Burial est un album de black-metal audacieux, qui préfère laisser respirer l’auditeur pour ensuite mieux l’assaillir. Inter Arma a construit son long disque autour de quelques moments phares, qui oscillent entre passages purement percussifs, échappées folk et montées en puissance progressives. Une ouverture qui sied à merveille à ce style extrême et souvent monolithique.
G.I. Joe Conspiration
JBD 01/20
Si le premier opus avait un authentique potentiel comique/jubilatoire dans le registre du nanard, ce G.I. Joe Conspiration se révèle, de bout en bout, comme un ratage complet : scénario nul, scènes d’actions poussives et confuses, casting globalement raté. Rien à sauver donc si ce n’est la marque de fabrique de la série : cette capacité à réellement laisser les méchants faire du dégât avant de les envoyer ad patres. Hier la Tour Effel, aujourd’hui Londres : seule la destruction de la capitale britannique (quinze secondes de péllicule) vaut au film d’éviter le 0 absolu.
20 Ans d’Écart
JBD 11/20
Une « Rom’Com » à la Française disposant de sérieux atouts mais handicapée par une incapacité totale à s’émanciper de son cahier des charges : le film est tout simplement une accumulation des clichés du genre. Reste plusieurs excellentes répliques et un couple vedette qui fonctionne bien : le sex appeal de Virginie Effira est irrésistible et Pierre Niney tout à fait réjouissant.
Jean-Louis Murat / Toboggan
FC & JD 17/20 MU 06/20
François Corda : L’ami Murat est en forme. Après un Grand Lièvre gouleyant, l’auvergnat nous offre une bouffée d’air frais : Toboggan est d’un calme olympien, alternant avec grâce les petits hymnes folk, chacun ayant sa petite spécificité de production (chœurs, percussions, samples…). On y sent palpiter le petit cœur de ces villages fiers et beaux qui respirent autour des volcans éteints.
Jacques Danvin : Et que voilà en effet un album tout en douceur, au titre évocateur et qui colle bien aux effets dans les arrangement qu’on trouve ici et là. Des chœurs de loups, quelques dissonances instables, des glissandi… Le charme opère avec des textes toujours goûteux. Oui, c’est vrai, l’ami Murat est en forme.

Free Angela
MS 12/20
Le documentaire sur la figure féminine des droits civiques noirs, s’il tient en haleine par un montage photo/vidéo astucieux et une B.O. Omniprésente, peine malgré tout à cerner l’enjeu politique de l’affaire Angela Davis. L’entrée en matière, trop directe, laissera les néophytes du combat des noirs sur le banc de touche. Instructif et rythmé, néanmoins.
Walking Dead – saison 3
FC 16/20
Enfin les scénaristes de la série ont réussi à s’affranchir du roman graphique avec cette troisième saison, haletante et pleine de surprises. Les zombies ne sont déjà plus que des détails, l’enjeu est plus que jamais de survivre… Parmi les survivants ! D’excellents personnages (re)font leur apparition, et ils sont la plupart du temps bien servis par des dialogues acérés. Belle surprise après deux saisons moribondes.
Suede / Bloodsports FC 14/20
Le lyrisme du chanteur Brett Anderson fait du bien, cela faisait longtemps qu’on avait pas entendu un tel romantisme et un tel engagement dans le chant. Musicalement, la britpop de Bloodsports n’échappe pas à quelques baisses de régime mais globalement, le résultat est très bien produit, souvent inspiré et puissant. Bon retour !

MARS

No
FC 13/20
Après le catastrophique Santiago 73, Post Mortem, il y avait quoi de se méfier de ce nouveau film de Pablo Larrain. Heureusement, le réalisateur chilien, s’il continue l’exploration historique de son pays, a su insuffler cette fois du rythme et un projet visuel à No. L’évocation du référendum qui a conduit au départ de Pinochet via le regard d’un publicitaire est une bonne idée, l’utilisation d’une caméra d’époque aussi. Mais on peut regretter l’absence d’enjeux scénaristiques et fictionnels, le film restant englué dans ses (trop nombreuses) images d’archives.
IAMX / The Unified Field
FC 16/20 MU 17/20
François Corda : Il fallait que Chris Corner (aka IAMX) change, sa dance-pop sombre étant allée aussi loin que possible avec le beau Ghosts Of Utopia (2011). C’est chose faite avec The Unified Field, même si l’on retrouve immédiatement la patte de cet auteur-compositeur anglais installé à Berlin. L’homme semble s’être apaisé et cela donne lieu à de très belles ballades, et surtout à son disque le plus équilibré depuis The Alternative (2006).
Depeche Mode / Delta Machine
FC 16/20 MU 10/20
François Corda : Indiscutablement, Delta Machine réinstalle Depeche Mode en haut de la sphère synthpop en proposant des compositions ambitieuses, admirablement construites et émotionnellement fortes. Il est vrai qu’on peut regretter une certaine stagnation dans le son du trio depuis Ultra (1997), et cela est sans nul doute du au départ d’Alan Wilder. En attendant, dès lors que Gore et Gahan choisissent l’ombre (Playing The Angel, Delta Machine) plutôt que la lumière (Exciter et Sounds Of The Universe), ils sont impeccables.
Suuns / Images Du Futur
FC 12/20 MU 14/20
François Corda : Indéniablement Suuns développe quelque chose d’assez inédit, entre psychédélisme et efficacité pop. Mais Images Du Futur souffre d’un manque de construction dans ses chansons, souvent résumées à quelques gimmicks et une section rythmique paresseuse.
Sannhet / Known Flood
FC 15/20
Voilà une porte d’entrée intéressante dans le monde du black métal, tant la musique de Sannhet alterne avec intelligence la frénésie propre au style et des passages plus ambient ou post-rock. Pour les allergiques aux voix caverneuses ou hystériques, sachez que Known Flood est avant tout instrumental, donc raison de plus pour tenter l’expérience !
The Place Beyond The Pines
FC 08/20 JBD 12/20
François Corda : Famille recomposée, hors-la-lois, drogues, pouvoir, destin… The Place Beyond The Pines est un « grand film américain » qui n’est pas loin de se planter complètement, la faute à un scénario invraisemblable, aux acteurs qui ressassent leur rôle fétiche, et à un pathos peu ragoûtant. Reste la foi que semble avoir mise Derek Cianfrance dans ce projet titanesque et qui nous tient, malgré tout, dans notre fauteuil. Décidément on ne suit pas ce cinéma outre-atlantique du moment sur lequel la presse se pâme (Zero Dark Thirty, The Master, Django Unchained).
Jean-Baptiste Durand : Quel gâchis ! A l’image d’un Django Unchained presque ruiné par ses quinze dernières minutes, ce film triptyque de Derek Clanfrance est plombé par son chapitre final aussi mal casté que mal écrit. Réussir le délicat exercice d’un film sur la fatalité et la prédestination familiale (à la manière du Parrain, The Yards ou American History X) n’est malheureusement pas donné à tout le monde ! Un conseil : sortez à la fin du deuxième chapitre et vous tenez là un des meilleurs films de l’année.
Warm Bodies Renaissance
FC 00/20 JBD 04/20
François Corda : Il y avait une belle promesse derrière Warm Bodies : celle d’un avenir pour les zombies. Les morts reviennent ici à la vie, contre toute attente. Ne cherchez pas d’autre atout à ce film qui lorgne sans vergogne vers un public adolescent friand de comédies romantiques décalées. De la bande-son jusqu’aux acteurs en passant par le scénario, prévisible de bout en bout, Warm Bodies est une série Z qui déshonore le genre et fait honte à La Belle et la Bête. George Romero n’a pas encore de souci à se faire !
Jean-Baptiste Durand : Échec complet que cette tentative de dissoudre du Twillight dans du Roméro. Que sauver du naufrage ? Les dix minutes de film se déroulant dans l’avion/refuge de R., personnage beaucoup plus attendrissant dans sa reconquête de l’humanité et de ses sensations que dans celle du coeur de Julie. Pour le reste, les zombies ne feront trembler personne et l’habituelle thématique de la déshumanisation des survivants est à peine évoquée autour d’un John Malkovich ayant manifestement des impôts à payer.
Le Monde Fantastique d’Oz
JD 12/20 JBD 12/20
Jacques Danvin : Sans être ébouriffant, ce film-conte a le mérite de proposer un personnage principal pas forcément très aimable (le magicien d’Oz) mais sommé de correspondre au héros que tout un peuple attend. Il s’en sort par ingéniosité et par malice, grâce au spectacle que peut produire le cinéma. Pas mal, pas mal.
Jean-Baptiste Durand : Ce petit Sam Raimi ne propose, certes, rien de nouveau sous le soleil mais aligne un casting solide et au moins une excellente idée (le destin de Théodora). Pour le reste, c’est du convenu, sans saveur particulière. Le parti pris scénaristique du film encourage néanmoins fortement le spectateur à revoir dans la foulée Le Magicien d’Oz, preuve d’une certaine réussite dans la démarche d’origine, visant à construire un prequel digne de ce nom à ce grand classique du cinéma fantastique.
Steven Wilson / The Raven that Refused To Sing
MS 17/20
Le leader de Porcupine Tree donne au rock progressif et au prog-folk des seventies une véritable cure de jouvence. Pari loin d’être gagné d’avance tant le genre a globalement mal passé l’épreuve du temps. Le dernier morceau, éponyme, se démarque des autres pistes et touche au sublime…
Autre Ne Veut / Anxiety
FC 09/20 MU 16/20
François Corda : Autre Ne veut délivre un R’n B facétieux, qui lorgne vers l’électro et fait surgir parfois des motifs de guitare inattendus. L’ensemble demeure toutefois franchement fatiguant, la faute à une voix trop empruntée et des changements de direction souvent peu payants.
John Grant / Pale Green Ghosts
FC 14/20 JD 14/20
François Corda : Avec sa voix de crooner posée sur des petites symphonies synthétiques, John Grant impose indéniablement un style. Pourtant on regrette un peu que les chansons s’étirent souvent inutilement, rendant Pale Green Ghosts difficile à suivre sur la longueur. À suivre.
Cloud Atlas
FC 19/20 MS 11/20
cf. duel
Rhye / Woman
FC & MU 15/20
François Corda : Malgré ses quelques dérives chichiteuses, voilà un disque de R’n B tout à fait noble et qui pourrait réconcilier beaucoup de monde avec ce style souvent représenté par des artistes aux ambitions plus commerciales qu’autre chose. Woman est un beau disque, qui sait se faire vaporeux et groovy. On en redemanderait presque !
Phoenix / Bankrupt!
FC 15/20
Retour attendu des français de Phoenix après la bombinette pop que constituait Wolfgang Amadeus Phoenix. Pari plutôt réussi même si les tubes se font ici moins évidents, moins nombreux, et que la production est un peu lourde. Bankrupt! vaut finalement le détour car il impose définitivement un « son » Phoenix, un compromis parfait entre sons dancefloor et constructions mélodiques assez riches.
El Estudiante
FC 14/20 MU 15/20
François Corda : voilà un film étrange, à l’image laide, aux discours politiques obscurs et qui, pourtant, séduit. Un peu comme le personnage de Roque, brut de décoffrage, insondable, mais qui possède un charme vénéneux. Ce ne sont pas tant les jeux politico-politiciens qui nous maintiennent en haleine dans El Estudiante, plutôt cette photographie assez juste d’un jeune qui se cherchait et, peut-être, s’est trouvé grâce à ces jeux-là.
Everything Everyhting / Arc
FC 14/20 MU 18/20
François Corda : Il ne fallait pas en douter, Alt-J allait faire des émules. En ce sens, difficile de ne pas voir dans ce disque une forme de séquelle un peu perturbée de An Awesome Wave. Arc développe une même pop protéiforme, sauf qu’elle est ici parfois trop éclatée… Et le chant en voix de tête du chanteur peut devenir fatiguant à la longue. Il faut cependant reconnaître au quatuor un talent certain pour créer des textures assez indéfinissables et donc à part. Un groupe à suivre !
Spring Breakers
JD 17/20 JBD 05/20
Jacques Danvin : Harmony Korine réussit avec Spring Breakers un tour de force. Celui de démultiplier et de détruire d’un seul mouvement la puissance de certains clichés culturels de la société américaine. Pour cela elle en joue avec brio, toujours à la limite. Son procédé fait qu’il y a quelque chose d’assez terrifiant dans le grotesque et l’absurdité apparente des situations mises en scène. La forme du film ne cesse d’étonner tant ses prises de risque sont incessantes (ah cette chanson de Britney Spears interprétée au piano par James Franco sur fond de soleil couchant !) mais payantes. Mention spéciale au scénario qui déjoue régulièrement les attentes et relance l’intérêt. Assurément, Spring Breakers est un événement de cette fin d’hiver.
Jean-Baptiste Durand : Spring Breakers est un film sur l’inanité. Malheureusement, comme dirait Nieztche « quand tu regardes l’abîme, l’abîme te regarde » et, dans le cas qui nous intéresse, c’est de la mise en abîme dont on parle. À vouloir montrer le vide, le film devient vide. C’est creux, artificiel, ennuyeux de bout en bout. La réalisation est trop maniérée pour être honnête et fleure bon le délire d’un artiste qui devrait se contenter de réaliser des clips plutôt que de tenter de raconter une histoire. Ne parlons même pas du montage des dialogues en boucle, c’est le double effet Kiss Cool : la première fois on les trouve nuls, la deuxième fois on a envie de se pendre. Alors oui, c’est rempli de jolies fesses… Mais ça n’en fait pas un joli film pour autant !
Elefante Blanco
FC 15/20
Le réalisateur Pablo Trapero semble obsédé par cet alliage de réalisme et de sensationnel. Cela ne fonctionnait pas dans Carancho, dans Elefante Blanco beaucoup mieux, ce bidonville de Buenos Aires et ses personnages étant filmés avec, semble-t-il, beaucoup d’amour. Bien sûr, on pourra reprocher à Trapero de céder de temps à autre à une forme de pathos inutile mais dans l’ensemble les personnages et le cadre sont trop attachants pour que l’on fasse la fine bouche. Manque tout de même une étincelle pour faire basculer le film du côté du « marquant »…
Shadow Dancer
JD 13/20
Shadow Dancer est une oeuvre assez singulière mais à qui il semble manquer quelque chose. Son héroïne a le charme du mystère, mais la difficulté à la cerner repose principalement sur un défaut de clefs plutôt que sur une réelle complexité humaine. Son intrigue très contemporaine traitant de l’anti-terrorisme est curieusement déconnectée de son contexte (que cela se passe en Irlande du Nord, en Israël ou aux Etats-Unis ne changerait rien). L’ensemble est sauvé par une gestion intéressante du rythme narratif et par la qualité des deux acteurs principaux.
Au Bout du Conte FC 16/20
Le duo Bacri-Jaoui reste visiblement une valeur sûre dès lors que l’on veut revendiquer un label « cinéma Français ». Le film choral c’est nous (enfin eux) et personne d’autre ; en l’absence de Jérôme Bonnell tout du moins. Dialogues à faire rougir la plupart des dialoguistes des comédies à succès récentes (à commencer par Intouchables), acteurs impeccables, regard clairvoyant sur la société d’aujourd’hui (enfants, parents, jeunes adultes, tout le monde est touchant) : Au Bout du Conte saisit l’air du temps, c’est le haut du panier de la production française, sans hésiter.
David Bowie / The Next Day
FC & MU 16/20 JD 13/20 
François Corda : Emballement médiatique mérité pour ce retour intelligemment programmé par le stratège de la pop David Bowie. The Next Day est du même calibre que les derniers albums du Thin White Duke : c’est énergique, mélodique, impeccablement produit. De la très belle ouvrage.
Jacques Danvin : Malgré quelques titres plus porteurs comme « Valentine’s Day », il se dégage une impression que cet album est certes bien produit et bien écrit, mais qu’une sorte de rondeur d’ensemble malcommode ou de manque d’aspérités laisse l’auditeur en-dehors du monde développé par Bowie. Peut-être faut-il avoir suivi de près le parcours de l’artiste pour mieux apprécier son album.
Sally Shapiro / Somewhere Else
FC 15/20 MU 17/20
cf. critique
Kavinsky / OutRun
FC 12/20
Premier album du compositeur du fameux « Nightcall », issu de la BO de Drive. OutRun a d’indéniables qualités mélodiques mais rythmiquement c’est très (trop) monolithique. On pourrait aussi reprocher au français un manque de personnalité. Daft Punk, Justice et, dans un registre plus expérimental, Principles of Geometry sont passés par là, avec leurs synthétiseurs crados et autres beats lourds hérités des eighties. C’est donc la preuve qu’il y a une french touch mais Kavinsky gagnerait à singulariser son travail. Pour dire vrai, on préfère celui qu’il réalise pour Sexy Sushi…
Mogwai / Les Revenants
FC 16/20
À la sortie de l’EP du même nom on s’était un peu inquiété : le contenu était beaucoup trop court par rapport à celui entendu dans la série. Ce LP, qui remanie (et enrichit) la plupart des morceaux connus par les spectateurs des Revenants, est en revanche tout à fait fidèle, d’une part au son du groupe écossais (tendu et moelleux à la fois), d’autre part au climat brumeux installé par Fabrice Gobert et son équipe.
Iceage / You’re Nothing
FC 15/20
Du punk franc du collier (voix nihiliste, jeu survolté) dont le petit plus est la production. Guitare, basse et batterie forment un magma sombre, cela étant sans doute du à l’enregistrement live des morceaux. Stimulant.
The Spinto Band / Cool Cocoon
FC 16/20 JD 15/20
cf. critique

FÉVRIER

California X / California X
FC 11/20 JD 10/20
Parfois, trente minutes peuvent sembler bien longues… C’est le cas de ce premier disque de power pop qui, s’il a bien trouvé un son singulier (entre Dinosaur Jr., Nirvana et Weezer dirons-nous), peine à renouveler le genre. Les riffs sont souvent éculés et l’énergie du combo, qui fait passer la pilule le temps des premiers titres, ne suffit pas à nous tenir en haleine tout le long de ce California X. Tout à fait mineur donc, n’en déplaise aux critiques très enthousiastes.
Atoms For Peace / Amok
FC 10/20
Il paraît que c’est un supergroupe (Thom Yorke, Joey Waronker, Flea…). Pourtant aucun morceau ne laisse penser que les « accompagnateurs » du chanteur de Radiohead ont eu quoi que ce soit à dire. À peu de choses près, Amok reprend les choses là où Radiohead les a laissées avec The King Of Limbs (beaucoup d’électronique et de bidouillages), mais en moins séduisant. Chaque morceau comporte au moins une bonne idée, c’est indéniable, mais celle ci est étirée jusqu’à plus soif, si bien qu’on a l’impression que chaque composition est deux fois trop longue. L’ensemble est assez fatiguant et nous pousse à la conclusion suivante : et si Radiohead revenait avec du bon vieux rock ?
Foals / Holy Fire
FC 14/20
Ce quintet anglais a un potentiel de séduction assez phénoménal. Belles mélodies pop dansantes appuyées par des rythmiques puissantes, rien à dire. En revanche, dès lors que le groupe s’essaye à des compositions plus calmes, il y a une baisse d’intensité très nette. On peut aussi regretter une production qui montre un peu trop ses biscotos : Holy Fire y perd de fait en dynamique.
The Delano Orchestra / Eitsoyam
FC 12/20
L’un des moyens de sortir des montagnes russes prévisibles du post-rock, c’est d’utiliser la voix. The Delano Orchestra l’a bien compris, comme ILikeTrains l’année dernière. Mais ces derniers sont indiscutablement plus heureux, Eitsoyam se traînant en longueur quand le groupe aurait du garder les quelques chansons énergiques et urgentes qui constituent le coeur d’ouvrage de ce nouveau disque (« Girl », « xxx », « Wake Up »…). Dommage !
Robi / L’Hiver Et La Joie
FC 13/20
On aurait voulu aimer ce premier album de Robi autant le single qui le porte. « On Ne Meurt Plus d’Amour est absolument magnifique, c’est vrai, mais L’Hiver et la Joie est loin de tenir la distance. Et l’énergie joyeusement morbide de son titre phare est souvent diluée dans des rythmiques et des motifs de guitare un peu plombés. Gageons que le second album soit plus représentatif des talents de la dame, a priori assez énormes.
Homeland (saison 2) JD 18/20
Après une première saison remarquable, Howard Gordon et Alex Gansa, les créateurs d’Homeland ont réussi le pari difficile de structurer cette deuxième saison selon de nouveaux enjeux narratifs qui s’inscrivent parfaitement dans la continuité de ceux de la précédente saison sans les répéter tout à fait. Le travail de thérapie culturelle se poursuit. Il est moins question pour l’Amérique de prendre conscience de sa propension à produire en son sein son ennemi. Désormais l’heure est venue de trouver une réconciliation, même partielle et hypocrite, malgré toutes les méfiances et la tentation de l’oubli. Décidément une série à suivre.
Nick Cave & the Bad Seeds / Push the Sky Away
FC 15/20 MU & JD 16/20
François Corda : Beau disque d’un classicisme sombre et revigorant. L’aspect rock du groupe a été délaissé au profit d’ambiances à la fois sobres et très travaillées. Good job!
Jacques Danvin : Un album pas tout à fait évident à entendre de prime abord. Une atmosphère qui s’insinue avec le temps et révèle une sorte de narration langoureuse. Push the Sky Away est une sorte de conte mélancolique aux rythmiques complexes avec cordes et chœurs épiques. La prise de risque est finalement payante.
Hayden / Us Alone
FC 15/20
Hayden Desser continue son odyssée folk en catimini, avec la même fragilité, ce même son rond et chaud, ces mêmes mélodies habitées par une solitude assumée et chérie. C’est beau, même si l’on regrettera toujours l’abyssale détresse de son premier album, Everything I Long For (1994).
5 Caméras Brisées
JD 15/20
Il faut à Emad Burnat 5 Caméras Brisées pour tenir la chronique de la lutte qu’il mène en compagnie des habitants de son village de Cisjordanie contre le développement d’une colonie israélienne qui les prive de leurs terres. 5 Caméras Brisées pour témoigner de l’impossibilité d’un dialogue en l’absence d’un tiers médiateur s’interposant entre les charges militaires et les manifestants. 5 Caméras Brisées pour rendre compte avec obstination de l’énergie du désespoir, l’incompréhension et la colère permanente que la situation actuelle au Proche Orient fait naître inexorablement chez les plus jeunes palestiniens, comme Jibril son fils dernier né. Ce documentaire sur le fil déjoue l’illusion que l’image puisse protéger ou transformer le monde en toutes situations. Elle rencontre ici ses limites avec une précision terrifiante.
My Bloody Valentine / mbv
FC 10/20 JD 08/20
François Corda : cf. critique
Jacques Danvin : Avec une formule répétitive et statique aussi visible dans la première moitié de l’album (distorsions et assourdissement du son), difficile de se laisser attraper par quelque aspérité dans la proposition musicale de My Bloody Valentine. Même si cela se réveille un peu avec « New You », mbv reste un album assez inaudible et fatiguant. Les deux trois idées techniques pour scultper le son ne suffise pas à effacer l’impression qu’il manque un enjeu à tout ça. Ce disque est au final une épreuve pour l’oreille…
Applescal / Dreaming In Key
FC 13/20
La techno concoctée par le jeune Pascal Terstappen tourne parfois en rond, mais dans les meilleurs moments, elle nous emporte dans une inertie fiévreuse. Assurément un disque prometteur…
Wadjda
JD 16/20 FC 09/20
Jacques Danvin : La force de Wadjda tient au fait qu’il s’agit non seulement d’un film sur l’apprentissage douloureux par une jeune fille des règles d’une société saoudienne inégalitaire et liberticide, mais aussi sur le développement de l’intelligence de cette jeune fille déterminée qui grâce à son entourage, et particulièrement sa mère, découvre comment jouer avec ces règles imposées. Une oeuvre qui touche par son sujet et son humilité pour le traiter.
François Corda : Décorrélé de son contexte (un premier film réalisé par une femme saoudienne), quelle est la valeur intrinsèque de Wadjda ? Formellement c’est assez creux et scénaristiquement tout à fait plan-plan, pour ne pas dire lourdement prévisible. L’insistance que met la réalisatrice à dénoncer les rouages de cette société phallocratique et soumise au Coran devient rapidement pénible. Reste l’intérêt documentaire et la performance de la jeune Waad Mohammed.
La Big Vic / Cold War
FC 09/20
La piètre qualité de ce dub électronique un peu vulgaire confirme une chose : dans le genre les français semblent indétrônables.
Unknown Mortal Orchestra / II
FC 12/20
Pour peu que l’on sente concerné par les revivalists, le projet d’Unknown Mortal Orchestra tient la route avec son rock lo-fi aux guitares grésillantes et à la batterie fracassée. Mais l’intérêt de II tient plus à cette production intéressante qu’à la qualité mélodique des chansons, plus discutable sur l’ensemble du disque.
Le1f / FlyZone
FC 13/20 MU 15/20
François Corda : Qu’il s’agisse de son flow, discret et accrocheur, ou de ses instrus, à la dominante électronique, Le1f a trouvé là un créneau un peu à part, entre expérimentations et efficacité pure. Dommage que FlyZone soit aussi inégal…
Grouper / The Man Who Died In His Boat
FC 03/20
cf. critique
Rick Redbeard / No Selfish Heart
FC 11/20
Les ambiances bucoliques de No Selfish Heart (une guitare sèche, une belle voix, quelques arrangements opportuns) ne suffisent pas à élever Rick Redbeard au-delà du tout venant en matière de songwriting dépouillé. Ou en tout cas trop rarement pour qu’on s’en émeuve.
Lisa Germano / No Elephants
FC 16/20 MU 07/20
François Corda : La cinquantenaire Lisa Germano revient avec un disque à la beauté triste, dans lequel son piano diaphane fait merveille. No Elephants est d’une grande délicatesse, parfois surprenant, toujours touchant.
Foxygen / We Are the 21st Century Ambassadors of Peace & Magic
FC & MS & MU 11/20
François Corda : Un disque revival qui s’écoute sans déplaisir mais ne parvient que trop rarement à imposer sa singularité face à ses glorieux aînés. On se rappellera surtout de la très belle ballade « San Francisco », le reste est assez anecdotique.
Yo La Tengo / Fade
FC 15/20 MU 17/20
François Corda : Une valeur sûre de l’indie pop, juste bruyante et fragile comme il faut, nous offre là un album certes pas très aventureux, mais tout simplement joliment travaillé, animé d’une très légère mélancolie. Apaisant.
Zero Dark Thirty
FC & MU 10/20 JD 14/20
François Corda : Depuis le très bon Démineurs il semble donc que Kathryn Bigelow soit en odeur de sainteté dans la presse française. L’enthousiasme qui accompagne la sortie de ce Zero Dark Thirty finalement assez académique est en effet surprenant. Car le film confirme une chose : Bigelow n’est jamais plus à l’aise que lorsqu’il s’agit de filmer l’action et plus généralement la tension dans l’air. Malheureusement le personnage de Maya, omniprésent, est justement plus dans l’observation, l’intellect, que dans les actes. Et la réalisatrice du mal à capter notre attention en nous décrivant les arcanes statiques de la CIA dans laquelle l’héroïne tisse sa toile. Mais dès lors que Maya passe au second plan, le film gagne en tonus (notamment la dernière partie avec Les Canaris, impressionnante). Beau projet qui aurait mérité d’être plus court, à n’en pas douter.
Comme Un Lion
FC 17/20
cf. critique
Le Dernier Rempart
FC 06/20
Il y avait une promesse qui ne donnait pas son nom dans cette rencontre improbable entre le réalisateur Kim Jee-woon (l’excellent J’ai Rencontré le Diable) et le « nouveau » Schwarzy, tout fripé, mais qui reprend à zéro. Malheureusement le choc est pour le moins mollasson, personne ne semblant avoir trouvé dans la matière (faisandée) de cet actionner de quoi réveiller l’âge d’or de l’acteur. Ce dernier n’est sans doute pas encore assez vieux pour jouer les croulants à la Eastwood, mais plus assez jeune pour choisir correctement le scénario de son « grand retour ». Pschit.
Parquet Courts / Light Up Gold
FC 14/20
Bon accueil mérité pour ce groupe de post-punk qui n’est pas sans rappeler Pavement. Le talent mélodique et la production, légère, rendent les quinze chansons de Light Up Gold attachantes et sincères. On regrette juste un léger manque d’ambition…
Widowspeak / Almanac
FC 07/20
Un folk légèrement tinté de psychédélisme qui lorgne vers Fleetwood Mac, mais ne survit sur cet album que grâce à un titre, magnifique il est vrai (« Ballad of the Golden Hour »). Pour le reste, la voix sexy de Molly Hamilton peine à faire oublier la somme de mélodies convenues d’Almanac.
Indians / Somewhere Else
FC 06/20
Que tout cela est mou ! C’est vraiment l’impression persistante que l’on a à l’écoute de cette synth-pop sans rythme, qui se rêve sans doute éthérée mais qui ne trouve jamais vraiment un parfum d’ailleurs, comme le laisse suggérer le titre de l’album Somewhere Else. Exception faite du titre éponyme, habité.

JANVIER

I Am Kloot / Let It All In
FC 16/20
On est ravi de voir que le trio anglais a osé continuer sur la voie « symphonique » empruntée avec Sky At Night ! Le résultat est très beau, même s’il met du temps à révéler toutes ses subtilités. Les mélodies orchestrales sont percutantes, le talent de chanteur de Bramwell, toujours intact.
Eels / Wonderful, Glorious
FC 15/20 MS 16/20
Sans doute le meilleur album de Eels depuis le double Blinkins Lights and Other Revelations (2006). Mises à part deux ou trois ballades un peu molles, on retrouve Mark Everett extrêmement à l’aise dans son registre préféré : délicatesse mélodique vs. rock râpeux. Et sa voix écorchée au papier de verre reste l’une des plus belles du circuit pop.
Arbouretum / Coming Out Of The Fog
FC 17/20 JD 13/20 MU 11/20
cf. critique
New Order / Lost Sirens
FC 07/20
On est pas loin de l’accident industriel… Etait-ce nécessaire de ressortir ces chansons abandonnées à l’époque de Waiting for the Siren’s Call ? Sans hésiter, non. Les huit titres de Lost Sirens sont empreints d’une certaine vulgarité et semblent déjà démodées. À oublier très vite.
Esben and the Witch / Wash The Sins Not Only The Face
FC 11/20
On a décidément du mal à se passionner pour ce groupe d’indie gothique qui tourne en rond autour des mêmes idées (arpèges réverbérés, refrains shoegaze). Il y a de bonnes choses, une voix, un son, mais les compositions sont par trop prévisibles.
Django Unchained
JD & FC & MU 13/20
François Corda : cf. critique
Jacques Danvin : Le nouveau film de Quentin Tarentino confirme une chose : son projet politique et esthétique n’a pas changé. Il s’agit de mettre en scène la justice individuelle dans un geste de vengeance, et de transmettre la jubilation de l’opprimé qui élimine son oppresseur. Il est cette fois-ci transposé sous la forme d’un western se déroulant dans le Sud américain à l’époque de la traite négrière et de l’esclavage. Django Unchained déploie le programme du réalisateur américain avec un talent parfois un peu trop ostentatoire, mais indéniable. Reste que, une fois passé le moment du divertissement, ce film-là pose de manière encore plus critique une question fondamentale quant à ce cinéma : la fin justifie-t-elle les moyens ? Si la victoire finale et attendue de Django sur les ravisseurs de son épouse Hilda est d’une jouissance communicative, cette seule séquence visuellement impressionnante légitime-t-elle un drame aussi long et parfois esthétisant ? Justifie-t-elle un entremêlement aussi peu distancié de l’insoutenable et du grotesque, voire une instrumentalisation d’une cause collective et morale (la lutte contre l’esclavage) au profit d’un destin individuel et héroïque (celui de Django) ? Pour ma part j’émets une réserve.
Aujourd’hui
JD 15/20 MU 04/20
cf. duel
Theologian / Finding Comfort in Overwhelming Negativity
FC 16/20
cf. critique
Lucky Pierre / The Island Come True
FC 15/20 MU 16/20
cf. critique
Secret Circuit / Tropical Psychedelics
FC 15/20
Psychédélique peut-être, tropical oui, assurément ! Drôle de disque qui marie intelligemment mélopées insulaires et électronique déglinguée. Joli coup !
Merz / No Compass will Find Home
JD 18/20 FC 16/20
François Corda : cf. revue de presse
Jacques Danvin : No Compass Will Find Home est à Merz ce que Kid A est à Radiohead. C’est-à-dire un album dont l’auteur se met radicalement en question, prend le risque de détruire tous ses repères habituels pour réinventer son univers. Il rend ainsi possible une exploration nouvelle. Après l’excellent Moi et mon Camion où il déployait tout son savoir-faire de song-writer pop-folk aux grandes envolées lyriques, Merz revient cinq ans plus tard avec une œuvre qui ne ressemble qu’à lui mais en rupture pourtant. Entre pop, rock, expérimentation et électro, No Compass Will Find Home est un album assez complexe mais époustouflant d’introspection et de singularité.
The Master
FC 07/20 JD 14/20 MU 10/20
cf. duel
Legowelt / The Paranormal Soul
FC 08/20
Malgré son titre bien senti, rien que de très « normal » dans ce tout petit disque de techno conventionnelle, qui réserve malgré tout quelques pépites inattendues (« Transformation of the Universe » en premier lieu). Parfait pour prendre l’ascenseur et grimper les cent étages d’un gratte-ciel mais c’est tout.
Foxfire
JD 08/20
Alors que le pitch était prometteur, Laurent Cantet dans Foxfire ne fait rien d’autre que mettre en images tant bien que mal une histoire qu’on pourrait nous raconter de la même manière par un roman, lors d’une émission de radio, au théâtre… On n’y trouve pas d’idée formelle particulière, la construction de l’espace ne suit aucune logique rhétorique et la dynamique des scènes est uniquement basée sur l’énergie adolescente du groupe de jeunes filles. A l’arrivée le film n’est pas désagréable à regarder, mais il s’avère terriblement décevant dès lors qu’on s’intéresse au cinéma en tant que tel.
A$ap Rocky / Long. Live. A$ap.
FC 10/20 JD 14/20
François Corda : On était déjà dubitatif quand à l’accueil chaleureux réservé au rappeur et à ses premiers mixtapes. Ce premier album ne viendra pas changer notre avis. Quelques collaborations et samples sont séduisants mais l’ensemble est beaucoup trop long, miné par des effets peu convaincants (le pitch sur la voix, très pénible) et une absence réelle de percussion dans le flow.
Burial / Truant / Rough Sleeper
FC 11/20 JD 13/20 MU 17/20
François Corda : Retour peu convaincant de Burial, même pas un an après le très bon Kindred / Street Halo. La formule est la même, de l’électro obscure et lointaine, mais le cœur n’y est pas, on se détache très rapidement de ces mélodies en kit. Reste l’ambiance, assez unique…
Jacques Danvin : Ce deux-titres de Burial est un objet étrange, présentant sur deux pistes de 11 minutes des sortes de gros fragments d’électro entrecoupés de faux silences, sur le mode du dernier titre de l’album précédent (Street Halo Kindred). Cela ressemble à un travail sur l’inachevé. On y pressent en effet comme une volonté de ne pas faire unité par une structure traditionnelle d’un morceau d’électro. Hormis cette impression qui déroute positivement, l’ensemble reste malheureusement indécis et n’embarque pas l’auditeur.
Maniac FC 14/20
Il y a deux films dans Maniac : celui qui respecte presque (trop) à la lettre le film original de Lustig dans la première partie. Original dont le statut d’œuvre culte semble un peu usurpé en regard, par exemple, d’un Henri, Portrait of a Serial Killer beaucoup plus dérangeant. Et puis il y a cette deuxième partie dans laquelle le réalisateur, Frank Khalfoun, et le duo de scénaristes (Alexandre Aja, Grégory Levasseur) se libèrent du modèle pour proposer leur cinéma, des visions saisissantes d’horreur pure empreintes de beauté et d’émotion. À noter : l’excellente BO servie par Rob, du groupe Phoenix.
Touristes
FC 09/20
Seulement quelques mois après le secouant Kill List, Ben Wheatley continue à creuser son sillon entre comédie, drame et gore. Ici c’est la comédie qui a le maître mot mais le réalisateur anglais cède beaucoup trop souvent à la vulgarité pour que ses personnages nous amusent. L’aspect dramatique et le gore semblent isolés, des pièces rapportées, si bien que, malgré l’efficacité de certaines scènes, on se retrouve face à un film qui semble un peu négligé, peu cohérent. Dommage.
Starkey / Orbits
JD & FC 15/20 MU 19/20
Jacques Danvin : De l’électro non sans ambition, mais qui comme l’indiquent sa pochette et son titre semble tourner autour de quelque chose qu’on a malheureusement un peu de mal à identifier. Ceci dit, on devine à chaque titre comme un chapitre possible d’un grand récit que viennent ponctuer les ruptures de rythmes et les mélanges de timbres. Bref, un album « intriguant ».
François Corda : Orbits est un disque extrêmement complexe malgré son apparente accessibilité (thèmes évidents, beats dancefloor). Parce que Starkey envisage l’électronique comme progressive, avec plusieurs parties bien distinctes dans un même morceau. Difficile toutefois de suivre le fil conducteur de l’ensemble, et malgré toute notre attention et des passages passionnants, on décroche de temps à autre…
Veronica Falls / Waiting for Something to Happen
JD 14/20 FC 09/20
Jacques Danvin : Pop assez légère, aux mélodies plutôt bien senties. Dommage que les arrangements et les atmosphères soient si peu variés.
François Corda : Deuxième album seulement de Veronica Falls et on est déjà lassé. C’est mignon mais ça tourne en rond : un titre d’album qui porte bien son nom, quoi.
Mogwai / Les Revenants EP
JD 13/20 FC 13/20
Jacques Danvin : Cet EP de Mogwai est vraiment très court et clairement orienté pour produire une ambiance cinématographique. Découplé de la série Les Revenants dont il détermine l’atmosphère, il est difficile de s’en faire une idée précise. L’ensemble passe bien, mais sans qu’on y attrape quoi que ce soit de particulièrement fort. Hum… comme la série elle-même ?
François Corda : Un EP un peu décevant car il n’y a guère que le magnifique « Wizard Motor » qui rende honneur à la très belle synergie qui règne entre la musique et les images des Revenants. Les trois autres morceaux, très courts, paraissent ainsi un peu isolés. Mais où est donc passé le générique envoûtant de la série ? Gageons qu’il sera présent dans un LP à venir.
Sugar Man JD 16/20
Une enquête-portrait passionnante d’un talentueux songwriter américain du début des années 70 totalement méconnu du grand public. La réalisation, malgré quelques facilités de style et une vraie difficulté à se faire oublier, parvient tout de même avec malice à partager son enthousiasme, à émouvoir et à donner une idée forte d’un homme étonnant et attachant : Sixto Rodriguez.
Low / The Invisible Way
JD 12/20 FC 12/20
Jacques Danvin : Voilà du rock indé pas déplaisant, certes, mais qui s’avère au final terriblement statique, et surtout en manque de chien. Un album inoffensif qui se sauve par sa relative brièveté.
François Corda : The Invisible Way, comme le laisse suggérer son titre, ne laissera pas de trace. Il y a ici un évident manque d’intensité dans le slow-core du trio, qui sombre parfois dans la formule un peu facile. Malgré quelques très belles chansons, Low semble décidément avoir du mal à trouver son chemin depuis quelques albums en alternant le très bon (The Great Destroyer, C’Mon) et le décevant (Drums & Guns notamment). Vivement le prochain en somme !
Pye Corner Audio / Sleep Games
FC 10/20
Après l’ex-future BO de Drive (Themes for an Imaginary Film), l’officielle (Drive OST), voici une sorte de séquelle qui avance masquée, signée Pye Corner Audio. À mi-chemin entre les oeuvres précitées (ambient, années 80), Sleep Games fonctionne dans sa première partie pour ensuite remplir à merveille le contrat qu’elle nous promet dans son titre : on s’endort.

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