Archive de l'auteur

------------ ------------
Senna

15 mai 2013

Réalisateur Asif Kapadia

Date de sortie 25.05.2011

Durée 1h44S

16/20

bub

par Marc Urumi

Le film d’Asif Kapadia sur Ayrton Senna, sorti dix-sept ans après la mort du pilote lors du Grand Prix de Formule 1 d’Imola, semble au départ très convenu. Il s’agit d’une hagiographie qui égrène chronologiquement les étapes de la vie de celui qui était devenu une figure iconique des années 1980 au Brésil. Comme toute hagiographie, elle est partielle, elle est partiale : elle rend compte d’une fascination, et surtout, elle semble la forme la plus à-même pour évoquer cette jonction du hasard et du destin si singulière chez le pilote. Cette jonction qui fait, après-coup, la matière mythique de la vie de Senna, contamine le film et le spectateur. Parsemé à la fois de moments subreptices apparemment anodins et de conclusions dramatiques, Senna devient alors un document étrange et troublant.

» Lire la suite de l’article sur Senna

Arman Méliès / IV

8 mai 2013

D

Date de sortie 25.03.2013

S

18/20

par Marc Urumi

Sur les photos qui accompagnent la promotion de IV, Arman Méliès ne regarde plus l’objectif, il regarde à-côté, et ce n’est pas forcément bon signe. Comme concentré par lui-même, le chanteur a quelque chose de plus dur, de moins fragile et de moins mélancolique – lui, le messager de la mélancolie. Oublions le look : à l’écoute, les souvenirs, la lucidité, le désespoir, la perte, la fertilité, tout ce qui appartient à la mélancolie semble resurgir. Mélancolie contagieuse, hypnotique, comme sur son précédent, Casino, un rocher, qui suspendait le temps. Plus proche du Vangelis de Bladerunner, dans IV, la mélancolie est désormais antique et post-apocalyptique.

» Lire la suite de l’article sur Arman Méliès / IV

Restless + La Guerre est déclarée

25 avril 2013

Réalisation Gus Van Sant / Valérie Donzelli

Dates de sortie 21.09.2011 / 31.08.2011

Durée 1h35 / 1h40

—–
07/20

Suite à la sortie ce mois-ci de Promised Land, nouveau (bon) film de Gus Van Sant, retour sur Restless, sa précédente réalisation qui à l’époque avait déçu Marc Urumi de notre rédaction. Critique double de ce film et de La Guerre est Déclarée de Valérie Donzelli.

par Marc Urumi

C’est une affaire de piège à éviter. Soit deux films, Restless et La Guerre est déclarée, qui ont ouvert, en mai dernier, les deux sections parallèles du festival de Cannes. Deux films à la matière intimidante, celle de la maladie, une tumeur au cerveau plus précisément, qui touche respectivement une adolescente et un tout jeune enfant. Existe-t-il, outre la coïncidence des sorties, une prise pour parler des deux œuvres à la fois, une prise qui, vu le sujet, permettrait de ne pas les recevoir en pleine figure ? » Lire la suite de l’article sur Restless + La Guerre est déclarée

Touki Bouki : focus

20 mars 2013

Réalisateur Djibril Diop Mambety

Date de sortie 1973

Durée 1h35S


bub

par Marc Urumi

Fin février s’est tenue la 23e édition du Fespaco, le Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou. Deux films, récemment évoqués, ont été récompensés : Aujourd’hui (Tey) d’Alain Gomis (Etalon d’or) et La Pirogue de Moussa Touré (Etalon de bronze), tous deux sénégalais. Le prétexte est idéal pour s’étendre un peu plus sur des cinématographies souvent invisibles, celles issues du continent africain, et en particulier sur un long-métrage aussi influent qu’oublié, aussi mythique qu’isolé : Touki Bouki. Film sénégalais lui aussi, film d’un autre âge, au pouvoir de fascination contagieux, film fulgurant – et en cela assez loin des récompensés d’aujourd’hui.

» Lire la suite de l’article sur Touki Bouki : focus

Chatrak

25 février 2013

Réalisateur Vimukthi Jayasundara

Date de sortie 06.02.2013

Durée 1h30S

04/20

bub

par Marc Urumi

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il existe une certaine bienveillance à l’égard du dernier film du Sri-Lankais Vimukhti Jayasundara. Après une Caméra d’or à Cannes pour La Terre outragée, il est à nouveau question, dans Chatrak, de formalisme, de suggestion et d’expérience cinématographique tropicale. Le problème évident de Chatrak n’est pas là : pas dans le fait de mettre le spectateur face à des plans qui le laissent totalement perdu ; mais dans la sacralisation de ces moments d’hébétude – pour les personnages, pour le spectateur – sans qu’aucune tension ne puisse les relier à quoi que ce soit. Soit l’art pour l’art, ou le plan pour le plan.

» Lire la suite de l’article sur Chatrak

El Estudiante

11 février 2013

Réalisateur Santiago Mitre

Date de sortie 23.01.2013

Durée 1h50S

15/20

bub

par Marc Urumi

A priori, tout semble connu dans El Estudiante. Image fade d’un premier long-métrage fauché ; immersion dans un quotidien urbain sans surprise ; volonté de raconter une histoire selon un scénario sage et ficelé – du cinéma qui pourrait être insignifiant. Le film développe pourtant, au fur et à mesure des étapes très scolaires de l’initiation politique de Roque, étudiant venu de province jusqu’à l’université publique de Buenos Aires, une matière cinématographique d’une intrigante clarté. El Estudiante n’est pas insignifiant. Eléments de réponse en quelques points.

» Lire la suite de l’article sur El Estudiante

Zero Dark Thirty : revue de presse

1 février 2013

Réalisatrice Kathryn Bigelow

Date de sortie 23.01.2013

Durée 2h29
—–
—–
—–
—–

par Marc Urumi

C’est l’un des films les plus attendus de ce début d’année. Aussi bien parce qu’il s’agit du dernier long-métrage de Kathryn Bigelow (réalisatrice de Démineurs), qu’en raison de la polémique née aux Etats-Unis à son encontre. Petite revue de presse autour d’un film pas facile à appréhender, et par la même occasion hommage à un type de critique de cinéma : celle qui permet de développer des idées, d’approfondir une réflexion, de moduler son jugement, et de partager des conceptions de cinéma, des craintes ou des espoirs.

» Lire la suite de l’article sur Zero Dark Thirty : revue de presse

L. Pierre / the island come true

28 janvier 2013

D

Date de sortie 14.01.2013

S

16/20

par Marc Urumi

The Island Come True, disque vintage ? Sur la forme peu importe ; disons qu’il s’agit d’une piste pour évoquer le dernier album d’Aidan Moffat, ancienne moitié d’Arab Strap et ici L. Pierre. Le vintage, c’est l’exhibition dans une même chose, de ce qui existait, qui n’existe plus, mais finalement existe à nouveau. Cette fonction d’apparat du vintage, c’est ce qui est problématique : c’est une ancienneté de choses qui ne le sont pas. Soit, du toc – c’est agaçant ; un divertissement du moderne – c’est divertissant ; une chose perdue qui appartient à un autre temps, un territoire inconnu alors qu’on pensait tout connaître – c’est nostalgique et étrange. Le vintage veut nous faire croire (à un voyage dans le temps, dans l’espace). Le tout est donc de croire, voire, ici, d’être dupe.

» Lire la suite de l’article sur L. Pierre / the island come true

Les bilans 2012 : éternel retour (5/5)

13 janvier 2013

par Marc Urumi

Las, les dieux ont quitté les lieux en claquant des doigts. Parfois, comme dans un album de Drudkh, la terre tremble encore, mordant voracement dans ses propres entrailles, comme pour signifier l’impossibilité de la ligne droite, de la civilisation, du progrès. Pourtant, malgré ces tensions telluriques, malgré les saisons, malgré le cycle éternel de la vie, malgré les fleurs qui, chaque fois, refleurissent, malgré les amours rotatifs incessants des planètes, des eaux, de certaines pierres — malgré le ressac —, peu d’humains s’attachent encore à la répétition du même et à ses vertus. Désormais pour la plupart, il faudrait avancer, sans maître, sans dieux, sans personne.

» Lire la suite de l’article sur Les bilans 2012 : éternel retour (5/5)

Les bilans 2012 : un cinéma sauvage (1/5)

5 janvier 2013

par Marc Urumi

Susciter des événements qui échappent au contrôle : c’est ce qu’ont proposé cette année des réalisateurs aussi éloignés que Miguel Gomes, Guillaume Brac, Benh Zeitlin ou Rabah Ameur-Zaïmèche. Sur ce point, deux manières de faire du cinéma se différencient aujourd’hui. Une qui s’applique à reproduire la fonction de contrôle de la télévision, qui conçoit le tournage comme l’application d’un plan et la forme du film comme la démonstration d’un style – un cinéma d’élevage, en quelque sorte. Et une autre qui mise sur le hasard, les énergies et les dysfonctionnements du présent – cinéma sauvage.

» Lire la suite de l’article sur Les bilans 2012 : un cinéma sauvage (1/5)

Social Widgets powered by AB-WebLog.com.