L’actu Cinéma

LOGAN S

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Logan

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James Mangold nous le fait bien savoir, il a vu Terminator, le 1 et même le 2. Et puis peut-être Morse aussi. Il a bon goût. Il pourrait même prétendre au statut d’honnête faiseur Hollywoodien. Mais pas plus. Non que Logan démérite au petit exercice de l’actioner qui pense (un peu). D’ailleurs, Logan, ça ne rigole pas, chaque plan se voulant plus sombre que le précédent. Typiquement le film de super-héros qui devrait toucher ceux qui ne s’intéressent pas aux super-héros. Mais au final, que reste-t’il au-delà des belles intentions ? Un scénario très convenu pour des situations téléphonées. Peu d’effets spéciaux de fête foraine, tant mieux, mais aussi peu de combats mémorables, et un suspense poli. On ne s’embête pas vous me direz. Oui mais on ne s’enchante jamais vraiment non plus… Ce serait ça l’actioner du futur ? Bof. A ce compte là, on attendra plutôt le film d’un autre James. Cameron, celui-là.

François Corda

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The Lost City of Z

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On évoque Aguirre, Apocalypse Now, on aurait tout aussi bien pu citer Cannibal Holocaust dans le grand cirque promotionnel et critique qui a entouré la sortie de The Lost City of Z. Le chaland (consommateur ?) a besoin de se raccrocher aux branches qu’il connaît, quitte à ce qu’on lui promette tout et n’importe quoi. Mais The Lost City of Z est bien plus qu’une compilation des meilleurs films de jungle, film de jungle que, d’ailleurs, il n’est pas. The Lost City of Z, c’est d’abord le meilleur film du meilleur réalisateur Américain de sa génération, James Gray. Et ensuite le portrait d’un homme insaisissable, visionnaire et réactionnaire, philanthropique et rêveur. The Lost City of Z, c’est enfin et surtout l’histoire de deux familles, celle de l’aventurier Percy Fawcett, composée de fidèles acolytes, de traîtres ou de lâches. Et celle du père Percy Fawcett, homme aimant et maladroit, affectueux mais absent. James Gray a une nouvelle fois réalisé un grand drame, mêlant aventure et suspense, ajoutant cette fois à sa palette une touche de mysticisme qui confine au sublime dans une ultime scène tragique et mystérieuse.

François Corda

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Split

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Censé signer le retour au firmament d’un auteur voué aux gémonies depuis de nombreuses années, Split se révèle finalement comme un film en demi-teinte, assumant avec difficulté ses influences (du Silence des agneaux en passant par Psychose), mais pétillant par endroits (la montée en sauce du mystère, les échanges entre Kevin et sa psy). Shyamalan est très doué dès lors qu’il triture les méninges du spectateur pour lui faire imaginer le pire (ici, la fameuse Bête, bien plus effrayante tant qu’elle n’apparaît pas à l’écran), moins dès lors qu’il s’agit d’affoler ses nerfs. De suspense il n’y a point, et de ce côté (le huis-clos en forme de séquestration) on ira plutôt (re)voir du côté de Ten Cloverfield Lane, que le réalisateur américain n’a sans doute pas manqué l’année dernière. On passera aussi sur les flashbacks un peu gratuits dans leur sordidité, on a connu Shyamalan beaucoup plus fin portraitiste (Le Village en tête). The Secret annonçait pourtant un beau renouveau… A suivre !

François Corda

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Silence

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Si Mel Gibson avait réussi sa Passion du Christ cela aurait sans doute donné, peu ou prou, Silence. Film de bigot parfaitement assumé (cf. l’hommage du générique de fin), Silence est, au même titre que le navet précédemment cité, bel et bien manichéen, les Japonais faisant ici office de Pharisiens et Romains, en plus vilains, le père Rodrigues incarnant une sorte de Jesus un peu pleutre, pas si sûr de son coup. La fascination pour la violence de Scorcese dans Silence, qui n’a rien à envier à celle de Gibson, n’a de raison d’être que purement esthétique. Mais de ce point de vue, Silence est magnifiquement pervers. Succession de chemins de croix, d’épreuves mystiques transcendées par la douleur, psychologique et physique, le tout filmé dans des lieux purement idylliques, Silence pourrait finalement se lire comme un écho (lointain) au lavement de cerveau idéologique et barbare que tente d’imposer l’Etat Islamique de nos jours.

François Corda

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La La Land

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La La Land est à la comédie musicale ce que The Artist est au cinéma muet. Le talent en plus, accompagné d’une volonté évidente, et salvatrice, d’effacer les frontières des genres. En ce sens La La Land est d’ailleurs plus un feel good movie qu’une comédie musicale en bonne et due forme. Depuis Whiplash, on sait que Damien Chazelle sait filmer la musique d’écran comme personne. Confirmation avec La La Land, qui se révèle comme étant plus qu’une simple confirmation, plus qu’un hommage (trop) poli (comme l’était The Artist) : c’est tout simplement l’avènement d’un des réalisateurs les plus extravagants et novateurs du moment, sachant aussi bien manier l’énergie et la poésie que les émotions. On pourrait même ajouter que c’est un directeur d’acteurs inspiré, tant le casting avait de quoi effrayer (si, si, Ryan Gosling peut donc être drôle). A ce stade, on peut réellement penser que La La Land offre une véritable opportunité à la comédie musicale, genre mis au placard depuis des années, de revenir coloniser les écrans.

François Corda

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